POURQUOI JE NE QUITTE PAS X (ET POURQUOI JE COMPRENDS CEUX QUI LE FONT) CP A. LÉAUMENT

 COMMUNIQUÉ DE PRESSE

ANTOINE LÉAUMENT - DÉPUTÉ DE L'ESSONNE

Président du groupe d'études Réseaux sociaux Rapporteur de la commission d'enquête parlementaire sur l'organisation des élections

POURQUOI JE NE QUITTE PAS X (ET POURQUOI JE COMPRENDS CEUX QUI LE FONT)


Depuis son rachat par Elon Musk, X est devenu un outil d'influence du milliardaire d'extrême droite: modification de l'algorithme pour mettre en avant ses propres publications, mise en avant du contenu d'extrême droite, prolifération de fake News, arrêt de la modération des contenus haineux, bulles de filtres alimentant la haine, ingérence étrangère... La liste est longue. C'est un danger pour la démocratie.

Face à cette situation, le mouvement HelloQuitX appelle à quitter collectivement X ce lundi 20 janvier, date de l'investiture de Donald Trump. Le but affaiblir Elon Musk en discréditant sa plateforme, tout en renforçant des réseaux sociaux concurrents comme Mastodon ou BlueSky.

Je comprends cette initiative et je ne souhaite pas la critiquer. Le boycott est un moyen de pression souvent efficace. Néanmoins, je fais pour ma part le choix de rester sur cette plateforme. Je le fais lucidement, en sachant qu'il s'agira quoi qu'il arrive d'un terrain défavorable pour nos idées. Mais je pense - pour l'instant - utile d'y rester pour mener le combat contre l'extrême droite.

X compte 15 millions d'utilisateurs en France, dont 11 millions mensuels et 6 millions quotidiens. Beaucoup d'entre eux ne sont pas d'extrême droite. Et beaucoup d'entre eux ne quitteront pas ce réseau. Les laisser dans un tête à tête avec l'extrême droite et la droite me semble contreproductif. Pour l'éviter, il faut que subsiste une parole de gauche républicaine sur X. Et même si l'algorithme nous est défavorable, je fais le pari de la confiance en l'intelligence et l'esprit critique des citoyens.

En revanche, il me semble nécessaire d'agir face au danger en utilisant les moyens parlementaires à notre disposition. Il est possible de légiférer, et je le souhaite, pour protéger les citoyens d'algorithmes biaisės et d'ingérences étrangères. Par ailleurs, comme rapporteur de la commission d'enquête sur les élections lancée par LFI, j'utiliserai les moyens en mon pouvoir pour étudier l'impact réel de X et proposer la réponse légale la plus adéquate.

Aucune option ne doit être laissée de côté pour protéger notre pays des ingérences étrangères et des menaces anti-républicaines qu'Elon Musk fait peser sur nous.

LA FRANCE INSOUMISE

ASSEMBLÉE NATIONALE

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